Smartcity : quel business modèle ? Et pour le non marchand ?

Je participais récemment à un atelier-conférence intitulé : « Le numérique comme levier pour l’économie circulaire ».  Celui-ci se déroulait dans le cadre de Smart-City Wallonia .

Rendre un meilleur service, ça n’a pas de prix !

Fil rouge des projets Smart-City : trouver le business-model du projet. Rendre un meilleur service, ça n’a pas de prix pourrait-on se dire de façon lapidaire. Certes, sauf que, derrière ce slogan quasi publicitaire, c’est une autre réalité qui pointe son nez : le manque de moyen financier des opérateurs principaux : les autorités locales. Malheureusement, Smart City n’est pas compatible avec Poor City. Il est donc nécessaire de définir le rendement – et non la rentabilité – du projet.

Souvent, la gestion de municipalités s a du mal à percevoir ce qui peut être l’essence même d’un projet smart-city : le coût caché. Un exemple, un bâtiment abandonné constitue un coût dans le mesure où il amène une dévalorisation de son espace avoisinant, il peut être criminogène, permettre les dépôts clandestins ou poser des problèmes de salubrité publique. Voici donc une brochette de coûts cachés dont les projets Smart City doivent – hors financement public classique – pouvoir s’inspirer.

Mais lorsque l’on parle de non marchand, voire – plus encore – de gérer des invendus alimentaires, la question se pose encore plus crument : qui paye ?

Pas de rentabilité ici, mais peut -être un rendement. La ville de Herstal a, depuis quelques mois, mis en place le projet HoreSol qui permet de transformer des invendus alimentaires pour les redistribuer vers les personnes nécessiteuses. Les invendus, une fois sortis du circuit commercial, n’y rentrent plus. Les produits sont mis sous conserve ou transformés en plats préparés. En parallèle, un bar à soupe et des tables d’hôtes solidaires ont été créées.

La mise sous conserve permet de « lisser » le volume des produits à consommer dans le temps. C’est la première valeur ajoutée.

La seconde valeur ajoutée réside dans la formation des personnes sans emploi, au travers de cette activité. Horesol a en effet chargé un responsable-formateur (avec l’aide du FSE) et permet ainsi à des personnes sans emploi d’acquérir une expérience dans le domaine Horeca-transformation alimentaire.

Enfin, Horesol pourra alimenter la banque alimentaire tant en amont (connaître les matières premières disponibles) et en aval (insérer ses conserves ou produits transformés dans le circuit).

On voit donc bien ici que, sur base de coûts cachés, et en dépit du fait qu’il s’agit d’un projet smartcity  particulièrement non-marchand/économie circulaire, un business modèle viable et créateur de valeur peut être dégagé.