L’utilité de se servir des données pour transformer la façon dont nous interagissons avec nos villes s’est indubitablement montrée sous un nouveau jour durant les semaines qui viennent de s’écouler …

En intégrant la technologie dans le paysage, les données peuvent être collectées de manière non intrusive et aider à informer la façon dont l’espace public répond aux citoyens qui l’utilisent.

Utiliser les données pour transformer la façon dont nous interagissons avec nos villes peut évidemment être très utile en cas de pandémie, pour tracer des personnes potentiellement contagieuses ou pour s’assurer de la limitation de certains rassemblements.

Cette démarche peut évidemment se faire de façon tout à fait anonymisée… il n’y a pas lieu de ressortir à tout bout de champs le 1984 d’Orwell !

On a vu aussi que, grâce aux technologies nouvelles et émergentes, nous pouvons désormais intégrer des méthodes numériques de travail dans le monde qui nous entoure. Cela signifie que nous pouvons créer des espaces publics qui profitent à notre vie quotidienne et utiliser les informations pour offrir des avantages tangibles aux gens. 

Nous pouvons aussi lier ces espaces publics aux espaces privés. C’est le cas des localités qui ont poussé la mise en place de plateformes de vente couplées à des services de livraisons à domicile. Ceci afin de venir en support tant aux citoyens qu’aux petits commerces de détail, frappés par des fermetures impératives ou pour les établissements Horeca qui se sont lancés dans la livraison ou dans les plats à emporter.

Ce qui manque souvent, c’est une véritable compréhension du lien entre ces deux éléments : l’humain et le numérique. À l’aide de caméras et de capteurs connectés à l’infrastructure existante des villes, nous pouvons collecter des données anonymes pour suivre la façon dont les gens interagissent avec le monde qui les entoure. 

Une ville réactive

En intégrant la technologie dans le paysage – en incorporant des capteurs et des caméras dans l’infrastructure elle-même – les données peuvent être collectées de manière non intrusive, pour informer de la réponse de l’espace public.

Un récent concours à Croydon, au Royaume-Uni, a invité les concepteurs à réfléchir à la manière dont la technologie pouvait transformer le domaine public au sein de cet important quartier du sud de Londres. Une soumission, intitulée «Unhindered», a exploré comment la technologie pouvait créer des artères urbaines adaptées à l’avenir. En utilisant la technologie et les données, il a non seulement créé des conceptions réactives, mais incorporé les besoins humains spécifiques auxquels les conceptions répondaient.

La mettre en pratique

Bien que ce qui précède soit un concept imaginatif, il existe déjà des exemples de cas où les données ont été utilisées au profit des communautés locales. En regardant à Croydon une fois de plus, un projet appelé Collaboration à Croydon a vu une plate-forme créée pour permettre le partage de données entre les services publics et les autorités locales, afin de générer de nouvelles idées et des efficiences dans la livraison de travaux de rue.

On sait comment le travail des impétrants peut manquer de coordination, menant parfois à des incidents puisque le gaz, l’électricité et l’eau ne font pas toujours bon ménage lorsqu’ils se croisent de façon anarchique.

Le résultat? En superposant les données et en facilitant le dialogue via la plateforme #Connect, Thames Water, Southern Gas Networks et Croydon Council ont généré plus de 680 000 £ d’avantages et réduit les perturbations de près de 100 jours – en travaillant ensemble sur un seul site de travaux de rue.

Regarder vers l’avant

Des capteurs pourraient être installés le long du bord de la route pour surveiller la façon dont les gens interagissent avec le réseau routier – de la vitesse des conducteurs le long de certaines routes et des mouvements des cyclistes aux points de passage non marqués mais fréquents pour ceux à pied. Ces analyses peuvent d’ailleurs déjà se faire sur base des mouvements des cartes SIM des usagers.

Ce qui manque souvent, c'est une véritable compréhension du lien entre ces deux éléments – l'humain et le numérique. #smartcity Cliquez pour tweeter

Une fois collectées, ces données pourraient, par exemple être utilisées pour éclairer la conception des véhicules sans conducteur, en tenant compte de la manière dont le réseau routier partagé est utilisé par d’autres. Autre usage : l’adaptation des sens de circulation selon la configuration et les phases de fréquentation.

La “crise du Coronavirus “ a amené un nouvel éclairage à  l’usage de ces données : volume de trafic, mouvements des citoyens, adaptation de la consommation,… l’impact des mesures de confinement a eu son tableau de bord en dehors des informations sanitaires.

Le déconfinement aurait pu l’avoir aussi : bon nombre de localités ont mis en place qui des circuits de caméras pour permettre la gestion de mouvement du public en évitant de trop fortes concentration.

Malheureusement, alors qu’elle a imposé un GDPR de lourde contrainte, l’Europe a été absente sur la coordination de la traçabilité. A l’approche des vacances, chaque pays a mis son propre système en place et la lisibilité des données recueillies passera difficilement les frontières.

Dans l’ensemble, l’utilisation du Big Data consiste à trouver des solutions pour les gens et à influer positivement sur la façon dont ils se déplacent et vivent nos villes. Nous ne créons pas seulement des lieux, nous façonnons la façon dont les données et les outils numériques peuvent améliorer les lieux où nous vivons.