Le marché des réseaux sociaux est à l’image de ses géniteurs : on se souvient des guéguerres d’afficionados qui voyaient s’affronter à l’époque les fervents supporters de Microsoft et les fans les plus assidus d’Apple.

Actions …

Une fois ses chefs partis vers d’autres cieux et selon l’évolution des marchés, c’est sur le terrain des réseaux sociaux que s’est déplacé cet affrontement. Un affrontement essentiellement fait de chiffres qu’alimentent les gentils mano a mano de quelques fans geek. Si ceux-ci ne font pas les cours de bourse les chiffres d’usagers ou d’abonnés, eux, oui.

Dans l’économie réelle des produits virtuels, on valorise sur base des chiffres du nombre de contacts/poche : un réseau, une application vaut essentiellement par le nombre d’individus touchés. Facebook est d’ailleurs entré en bourse alors que bien des zones d’ombre flottaient encore sur son schéma de valorisation.

Un article dans Marianne Belgique

Dr Google & ses pages Hidden (Marianne Belgique 05/10/2013)

Réaction …

Face à celui qui a donné à internet un aspect social qu’il n’avait pas avant, Google se devait de réagir. D’abord, en se positionnant sur le marché des réseaux sociaux électroniques (les réseaux sociaux existaient – fort heureusement – bien avant l’allumage du premier ordinateur). Ensuite, évidemment, en gagnant ses galons. Pas trop difficile, au premier aspect pour ce groupe qui truste la première place au classement des moteurs de recherche ou encore pour ce qui concerne l’hébergement vidéo, devenu «social» lui aussi.

Google triche-t-il ?

Cependant, Facebook a rapidement pris plus qu’une longueur d’avance. D’où la tentation pour Google d’embellir son volume de chiffres.
En effet, quelques recherches orientées m’ont permis de découvrir que Google a – semble-t-il – systématiquement ajouté à ses fiches «Google Maps», une fiche «Google+», ce qui pourrait avoir fait gonflé le chiffre d’abonnés de Google+. Explications…

Google Maps naît en 2004 aux Etats-Unis et débarque chez nous en 2006. Ce service cartographique va bientôt permettre à Google de collecter des informations orientées «business» par tombereaux entiers. Très simple : il suffit d’inviter chaque entreprise, du petit commerçant local au grand groupe, à utiliser Google maps comme un gigantesque répertoire sur lequel on l’invite à créer sa propre fiche, évidemment Géo-localisée. Ainsi, sera-t-elle référencée sur ce service. Mieux, la fiche d’information peut aussi contenir les moyens de paiement utilisés, les heures d’ouvertures, les possibilités de parking … tout ça gratuitement.

Google récolte donc précieusement toutes ces données gratuites qu’encodent chaque nouvelle entreprise utilisatrice, soucieuse d’exister sur la toile et heureuse de profiter de cette aubaine. Ces informations que Google va, évidemment, valoriser … une première fois.

Fin 2010, Marc Zuckerberg annonce le lancement d’un service de messagerie avec pour ambition de concurrencer Gmail et autres services de mails internet. Ce n’est probablement pas un hasard si, quelques mois plus tard, Google lance, lui aussi son réseau social : Google+.

La page abandonnée de l'Elysée sur Google+

Là encore, les entreprises veillent à être présentes sur ce nouveau réseau. Pas seulement les entreprises d’ailleurs, mais aussi des institutions, comme l’Elysée, de grands médias qui créent des pages liées à leurs émissions. Sur ces pages, on peut compter le nombre de «fans» ou de «suiveurs» des actualités savamment partagées et injectées dans ce réseaux par les «Community Managers» que peuvent se payer les groupes de Presse, entreprises d’importance, institutions ou autres acteurs pour lesquels la toile (et le réseau Google+) constitue un canal de communication privilégié.

 

Pourtant, ces fiches semblent dédoublées par le système Google, et, en tout cas, semblent être passées inaperçues auprès de Community Managers pourtant roués. En effet, chaque repérage, chaque élément positionné sur la carte propose à l’utilisateur un lien «Plus d’info» qui donne accès … à une page Google+ ou à ce qui y ressemble furieusement. Sur ces pages, laissées, pour la majeur d’entre-elles, à l’abandon, on retrouve bien entendu les informations enregistrées, à l’époque sur les fiches «Google Maps». Dans le coin supérieur gauche de l’écran apparaît systématiquement le sigle Google+, même lorsque vous n’êtes pas connecté à ce type de compte.

Conséquences

TF1 : sa page non gérée sur Google+

TF1 : sa page non gérée sur Google+

Google a-t-il dédoublé les fiches de certaines entreprises ? A l’analyse, on peut avancer que la transformation des informations enregistrées dans Google Maps en fiche de type Google+ n’a probablement pas été signalée aux utilisateurs. Dans le cas contraire, comment expliquer que des groupes spécialisés comme, Publicis, Lagardère (Europe1), CBS, le Monde, RTL, France Télévisions, France 24, TF1 laissent des pages ainsi en jachère ?! Qui plus est, des pages sur lesquelles les utilisateurs peuvent publier leur avis. Car, que des pages vides soient créées, laissées en l’état, n’empêchera pas la planète web de dormir, mais il y a lieu de s’attarder à deux conséquences de cet état de fait.

La page officielle de TF1

La page officielle de TF1

D’abord, ces pages sont-elles comptabilisées par Google lorsque le groupe parle des résultats de son réseau Google+ ? On peut le penser, mais ceci n’a pu m’être confirmé – ni infirmé – par le service Presse de Google lorsque j’ai tenté d’obtenir la réponse. Si c’est le cas, voici une jolie surévaluation facilement créée par la première «world company du web».

Autre constat : ces pages «non gérées» reçoivent ça et là quelques avis, visites ou photographies (cf. la page de l’Elysée) venues d’on ne sait où. Des avis qui pour le restaurateur, l’hôtelier ou l’opérateur touristiques peuvent être assassins. Ils le sont d’autant plus s’ils ne sont ni connus, ni – par définition – modérés. Voilà qui rappèle une grande maxime souvent prononcée en marketing … «ce qui est gratuit ne vaut rien».

NOTE : si , à côté du sigle montrant qu’on est bien sur Google+ apparaît une icone différenciant la page Google+ de la fiche tirée de maps, il n’empêhce que ceci n’exclut pas une double comptabilisation. Ceci est d’autant plus vrai que des produits de compte Google existant avant le lancement de Google+ (certains comptes YouTube, notamment), ne sont pas forcément conciliables… et ne peuvent être associés avec la page Google+ adhoc.

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